LA RESTAURATION DES MONTRES MECANIQUES VINTAGE

Voici le troisième opus. Il décrit toutes les étapes de la restauration d'une montre vintage.

Introduction :

La restauration des montres est une activité horlogère consistant à remettre dans un état décent voire excellent, une montre trouvée dans un état déplorable. Le plaisir se mesure alors, non pas à la valeur de l’objet auquel vous avez rendu la vie mais à la différence entre l’état « après » et l’état « avant ». Paradoxalement, vous apprendrez avec le temps que les restaurations les plus belles ne sont pas toujours, loin de là, celles qui ont touché les montres de plus grande valeur, mais bien celles qui vous ont demandé temps, énergie et ingéniosité. Faire de ce passe-temps une source de revenus ? hum… n’y comptez pas ! C’est une activité où vous serez capable de vous amouracher d’une Yema à 20 euros, de dépenser 200 euros dessus (y compris évidemment le tout nouvel outil qui vous manquait et qui, c’est sûr resservira au moins 2 fois dans les 10 prochaines années) pour finalement la revendre 80 euros sur Ebay (ce qui est tout à fait correct, tout compte fait, pour cette petite plongeuse en parfait état).

Si vous avez lu mon premier opus « manuel d’emboitage », vous avez appris que même l’emboîtage peinait à trouver sa rentabilité. Alors autant vous dire que la restauration, c’est encore plus vrai car l’outillage nécessaire est bien plus important et les aléas bien plus fréquents. Cependant, quelquefois, on fait des coups « juteux » qui rattrapent les coups « fumeux ». Et de toutes façons, la mémoire est ainsi faite que nous ne nous souvenons in fine que des coups juteux, sauf si vous vous entêtez à tenir une comptabilité précise des achats et des ventes (je ne parle même pas du temps passé, même valorisé au SMIC). Autant vous dire que cela fait longtemps que j’ai renoncé à tenir cette comptabilité. J’ai remplacé ça par un système plus simple : l’autofinancement de cette passion à l’intérieur des limites de mon compte Paypal, ce qui m’assure la neutralité et la bienveillance de Madame.
Pour toutes ces raisons, ne pensez pas faire l’affaire du siècle en restaurant des montres. Par contre, je vous promets de bien vous amuser, de vous occuper sainement les yeux et l’esprit et de récolter la satisfaction « de la belle ouvrage ».

Venons-en au titre du chapitre. Pourquoi rédiger ce manuel ? Tout d’abord parce qu’à ma connaissance, un tel ouvrage moderne de synthèse n’existe pas. Je dis « moderne » car il existe de très beaux et très complets livres d’horlogerie mais ils sont tous anciens, voire très anciens. Ils décrivent des outils, des produits et des techniques qui ne sont plus du tout utilisés de nos jours et passent sous silence – on se demande bien pourquoi – des appareils électroniques pas encore inventés à l’époque, comme le chronocomparateur. Ces livres parlent du temps où l’horloger, isolé dans son village, devait refaire lui-même la plupart des pièces sur son tour. Ce temps est révolu. En horlogerie moderne, les tours sont rangés au placard et la gomme arabique au rayon des sympathiques antiquités, remplacés par clavier et navigateur internet. Maintenant, la probabilité de trouver sur internet la pièce recherchée est quasi-certaine.

Attention, je ne dis pas que vous n’aurez jamais à usiner ou modifier une pièce mais dans le domaine des montres de poignet, c’est vraiment rarissime.
Pour pratiquer la restauration des montres, j’ai dû rester un temps fou devant mon ordinateur à faire défiler tout un tas d’informations disparates dans lesquelles étaient cachées quelques pépites de grande valeur. A chaque recherche, je trouvais 1% d’informations utiles à ma question du moment. En fait, il n’existe pas d’ouvrage moderne, permettant de démarrer en horlogerie et d’aller suffisamment loin dans cette activité en utilisant les outils de son temps. J’ai donc décidé, après avoir acquis une certaine expérience de la restauration, de rassembler tout ce vécu, de le structurer et d’en faire profiter ceux qui, comme moi, souhaitent se lancer dans l’aventure.

Ne nous trompons pas : lire et relire ce bouquin ne fera pas de vous un horloger. Ce serait trop beau et ce serait faire injure à des générations de professionnels. Horloger est un métier, ne l’oublions jamais. La lecture attentive de cet ouvrage vous donnera cependant un vernis, une méthode pour vous attaquer à des projets modestes. Modestie, Humilité, Patience et Progressivité seront notre devise. MHPP !

La lecture de ce livre vous permettra d’économiser beaucoup de temps et un peu d’argent. Il vous guidera pour restaurer vos premières montres, sans pour autant vous équiper comme un porte-avion, ni que cela ne tourne au cauchemar. Quels modèles choisir quand on débute, avec quel outillage minimum, moyennant quelles connaissances en horlogerie, autant de questions auxquelles cet ouvrage répond simplement. En prime, les annexes présentent de nombreuses références, des tableaux de caractéristiques diverses, un glossaire bilingue bien utile quand il s’agit de rechercher sur Ebay et enfin une très belle surprise que je vous laisse découvrir. Ebay !! Parlons-en et évacuons tout de suite le sujet. Cet outil est aujourd’hui incontournable. On peut le regretter, on peut, comme moi, ancien adepte du défunt Ibazar, être quotidiennement exaspéré par les tombereaux de m… chinoises qui s’écoulent grâce à ce site, être effaré des commissions prises par Ebay et son cousin Paypal, il n’en reste pas moins que cette place de marché se révèle d’une efficacité redoutable, notamment dans le domaine de l’horlogerie. Cela s’explique par le fort rapport valeur/poids des pièces qui rend peu coûteux leur envoi par la poste, surtout si on prend la précaution élémentaire de grouper un tout petit peu ses achats. En d’autres termes, si Ebay n’existait pas, je crois que je ne me serais pas lancé dans l’horlogerie, faute de temps pour chiner des vieilles montres ou découvrir les pièces ad hoc. En ce qui me concerne, habitant la banlieue parisienne, je dois dire qu’Anne Hidalgo a beaucoup fait aussi pour le succès d’Ebay. L’accès au centre de Paris en voiture étant devenu impossible depuis quelques années, il n’est plus question d’aller voir les fournituristes du Marais. Peut-être changerai-je d’avis quand je serai à la retraite et que je disposerai de plus de temps libre.

Table des matières du livre :


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